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Faire son coming out

Faire son coming out est une épreuve difficile mais permet de s'affirmer. A quoi ça sert ? Comment le faire ? Témoignages, informations utiles...

Qu'est-ce que le coming out ?

Le coming out est le terme que l'on évoque lorsque l'on parle de s'assumer dans son orientation sexuelle ou son identité. Il vient de l'expression "coming out of the closet" qui signifie "sortir du placard" et sa journée internationale est le 11 octobre.

Couple lesbien.

« Aimer, c'est se surpasser. »

  -Oscar Wilde

1 - Les bienfaits du coming out


Le coming out libère, on respire ! On peut enfin montrer son être aimé à ses proches ! On ne vit plus en se cachant, on ne se prend plus pour quelqu'un d'autre: on commence à vivre et à savourer le plaisir des relations amoureuses ! Inviter son amoureux/se à la maison sans prétexter qu'il s'agit d'un(e) ami(e), partager des moments de famille avec lui/elle... Vous enviez cette situation mais vous ne savez pas comment faire ? Cet article est fait pour vous !

2  - A qui en parler pour le préparer ?


Un coming out est toujours plus simple à faire lorsque nous sommes entourés. Votre meilleur ami ou un membre très proche de votre famille sera un allié de taille. Une personne pour qui vous comptez ne vous laissera pas tomber, quelle que soit votre orientation sexuelle. C'est pour cela qu'il faut bien choisir ce "maillon" essentiel. Une fois trouvé, il ne vous reste plus qu'à vous confier, à établir avec lui le "pourquoi" et le "comment".
Il vous connait vous et vos parents et il saura quels mots employer. Ce moyen est très utile, il vous permet de vous sensibiliser au coming out, puisque vous avez informé votre "maillon" et qu'il ne vous déconsidèrera pas.

Il est conseillé de passer par cette étape avant de faire "le grand saut".

3 - Quand faire son coming out ?


Il faut d'abord se sentir prêt, savoir vraiment ce que l'on aime. Quand on vit dans le "mensonge" et quand les proches commencent à demander "- Alors, tu ramènes un(e) copain/copine ?" ou que nos ami(e)s nous vannent sans forcément savoir, on peut sentir un gros poids dans sa tête au quotidien.
Il faut savoir que plus ce poids deviendra important, plus il sera primordial pour vous de l'annoncer à votre entourage.

Attention, certains parents ne sont pas du tout réceptifs à l'homosexualité , il est donc préférable pour vous de le faire une fois que vous avez pris votre vie en main.

On estime que l'âge moyen des personnes qui font leur coming out est de 21 ans.

4 - Comment faire son coming out ?


L'étape principale, celle du coming out ! Vous vous sentez prêt(e) à le faire: après avoir débattu en famille sur le canapé devant le JT en défendant les homosexuel(le)s, après avoir laisser pressentir que vous pouviez être bi, après avoir défendu la cause du mariage gay, en bref, après avoir tâté le terrain, vous pouvez vous lancer !

Néanmoins, ne prenez JAMAIS l'initiative de faire votre coming out pendant une dispute conjugale, un climat tendu ou dans une condition inappropriée.

Il existe plusieurs alternatives:

  • Faire une lettre, en mettant tout ce que vous avez sur le cœur, en expliquant quelle est votre orientation.
  • Faire un message vidéo, préalablement mis à disposition pour que vos parents puissent le visionner.
  • Donner rendez-vous  vos parents dans un lieu extérieur, pour parler de vous ailleurs que dans votre domicile familial (restaurant, parc, au bord d'un lac...).
  • A la maison, quand vous vous sentez prêt(e), sans forcément l'avoir prévu !

Il faut que votre discours aille droit au but, ne soyez pas tatillon. Un simple « - Je veux juste que vous sachiez que je suis gay / bi / lesbienne / trans... » ira très bien ! Si vous préférez mettre plus de sentiments dans vos dires, utilisez la lettre ou la vidéo.

Et après ?

5 - Le post-coming out: scénarios possibles.


Premièrement, soyez fier(e) de vous ! Prenez conscience que vous venez de réaliser un acte courageux.

Après avoir dit ce que vous aviez sur le cœur, vos parents peuvent avoir plusieurs types de réactions; mettez-vous à leur place, surtout s'ils s'imaginaient un autre destin pour vous. Soyez prêt à répondre à leurs interrogations.

Certains parents pensent parfois que c'est de leur "faute", rassurez-les en leur disant que l'on ne peut pas choisir le destin de sa sexualité.
D'autres parfois ont leurs avis, un des deux le conçoit, il est compréhensif et l'autre et dubitatif et "assommé".

Quoi qu'il en soit, laissez toujours du temps à vos parents pour accepter ce que vous leur avez dit ! N'invitez pas votre âme sœur chez vous le lendemain de la révélation ! Soyez vous aussi, compréhensif et humain.

                                                                                                                                                    
Que faire en cas de rejet ?

Parfois le coming out ne se passe pas bien. En effet, il se peut que cela tourne au pugilat. Dans ces conditions il est préférable de prendre l'air, en allant chez un ami ou un proche le temps que tout s'apaise. 

Si le malaise persiste entre vous et vos parents, qu'il est impossible de renouer le dialogue, il existe des alternatives pour régler le problème ou vous protéger selon les cas de figure.

  • En cas de rejet d'un de vos amis, laissez-le réfléchir, s'il ne revient pas vers vous, dites-vous qu'il ne vous mérite pas.
  • Si vos/votre ami(es) ne tolère pas du tout et profère des insultes homophobes, n'hésitez pas à porter plainte.
  • Si vos parents n'acceptent pas la situation, essayez de changer les choses en parlant avec un professionnel (assistante sociale, CPE, membre d'une association LGBT, éducateur).
  • Si littéralement, vous êtes mis à la porte, si vous êtes mineur, orientez-vous vers un avocat. Les parents ont un devoir d'assistance envers leurs enfants.
  • Sachez que des associations comme "Le Refuge", sont régulièrement confrontées à ce problème. Ils peuvent donner des solutions de ré-habitation, d'aide au cursus scolaire, de conseils pratiques pour trouver un emploi.

Les conséquences juridiques de l'homophobie, en France:

La provocation à la haine ou à la violence à l’encontre d’une personne en raison de son orientation sexuelle est punie d’un an d’emprisonnement et de 45.000 € d’amende (article 24 de la loi du 29 juillet 1881).

Les associations venant en aide aux LGBT:

Lignes d'écoute:

       France:

  • Ligne Azur: Tél → 0801 20 30 40  du lundi au samedi de 17h à 21h (coût d'un appel local).


    Québec:

  • Ecoute Gaie: Tél → 01 44 93 01 02 (coût d'un appel local).

    nb: les sites référencés ci-dessus bénéficient d'un numéro téléphonique.

       

Témoignages des membres de Rencontre-Ados:

Témoignage de Maksi (18 ans, homosexuel):

"Personnellement, j'avoue avoir du mal à considérer mon coming-out comme tel, ou du moins dans le sens où vous pouvez l'entendre. J'avais 16 ans lorsque j'ai décidé de révéler à mes parents mon homosexualité. Pour cela, j'ai choisi la technique de la lettre, bien que ma lettre n'ait été en réalité qu'une simple phrase écrite au surligneur, en grosses lettres, sur un bout de papier déchiré venant d'un de mes cahiers de classe. Cette phrase, si mes souvenirs sont bons, était la suivante: "Maman, j'ai un copain.". Je l'ai glissé discrètement dans la trousse à maquillage de ma mère qui, je le savais, la découvrirait au matin. Si j'ai préféré l'annoncer à ma mère seulement, et de cette façon, ce n'est pas vraiment par crainte de leur réaction. C'est tout simplement parce que la communication, dans ma famille, n'est pas notre point fort et je savais également que ma mère en informerait mon père le jour-même. Révéler mon orientation sexuelle n'a pas été une épreuve difficile pour moi, cela n'a pas été une épreuve du tout, à vrai dire.

Si je l'ai fait, c'était avant tout pour l'aspect pratique que cela représentait: mes parents pourraient m'emmener voir mon copain sans que j'ai à leur mentir sur son identité par exemple, sans que je n'ai à trouver d'excuses, etc. Car oui, je n'ai dit à ma famille la verité qu'une fois en couple avec mon premier copain; je n'en voyais pas l'utilité avant, je n'avais aucune vie sexuelle, aucune vie amoureuse, rien à dire et rien qui ne concernait quelqu'un d'autre que moi. 
Durant quelques jours, personne n'a abordé le sujet puis au fur et à mesure, mes parents ont appris à l'accepter et cela plutôt rapidement."

Témoignage de Vyntage (20 ans, homosexuel):

"C'était un été, j'avais 17 ans. Je ne doutais certainement pas que cette journée allait être celle de mon coming out. En effet, j'ai eu la mauvaise idée de le faire par colère, lors d'une énième dispute avec ma mère au sujet de l'homosexualité. Je me souviens de la phrase que m'avait lancée ma mère: "Je ne veux plus voir ton ami la pédale venir à la maison, la prochaine fois il dégage !" 
Et d'un coup je me suis mis à lui dire "Je dois me barrer moi aussi alors ?".  
S'en est suivi un dialogue de sourd, avec des mots pas toujours gracieux. J'ai fini par partir de la maison pendant dix jours en allant chez mon frère, où mon petit copain  de l'époque m'avait rejoint. Ma mère de son coté se rendit en Touraine chez ma sœur. Mon père, lui, était attristé de la réaction générale, il n'était pas choqué et me dit "-Ne t'inquiètes pas, je t'aime comme tu es." 
A mon retour, il n'y avait pas ma mère, elle rentrait le lendemain. Je ne voulais pas la revoir, j'étais bouleversé. Mais on ne pouvait pas repousser l'échéance. 
*Toc Toc* c'était ma mère, je ne voulais pas sortir de ma chambre pour rejoindre ma famille dans le salon. Mon demi frère me demanda de les rejoindre, je m’exécuta d'un pas timide... Je vis le regard de ma mère et instinctivement nous nous fîmes un des plus beaux câlins de ma jeune vie ! 
J'avais compris à ce moment-ci, que le message était passé, je suis maintenant heureux et peux assumer librement mon homosexualité."

Témoignage de Juliette (15 ans, bisexuelle):

"Après plusieurs heures de réflexion, (oui je rends le truc un peu plus dramatique mais c'est pas grave, c'est moi qui raconte !) j'ai sorti une feuille de mon sac d'école… Et j'ai commencé à gribouiller plein de petits dessins pendant des heures pour essayer de m'exprimer comme il le fallait. (En fait ça m'a pris que 10 minutes vu que depuis un moment déjà je savais comment je voulais leurs annoncer.)
J’ai glissé le dessin sous leur porte quand j'étais certaine que mes parents dormaient (c'est à dire à environ 4h-5h du matin) et le lendemain ils avaient re-glissé mon dessin sous ma porte en ayant écrit ''d'accord l'important c'est que tu sois heureuse!'' Oui c'est ringard mais ça m'a fait un bien fou."

Témoignage de Daniel (22 ans, bisexuel):

"Ma mère faisait à manger, elle plaisantait en me disant que je faisais tomber les dames et probablement les messieurs aussi. J'ai répondu "si c'est vrai tant mieux j'aime les deux !", ce à quoi elle m'a simplement souri, puis nous sommes allés manger, simplement."

Témoignage de Lemon Tree (20 ans, bisexuelle):

"Pour ma part j'ai (je crois) toujours été attirée par les filles mais j'ai mis un peu de temps à l'annoncer à ma famille, histoire d'être sûre de moi.  Vers mes 16 ans, alors que je sortais avec un garçon je me suis beaucoup remise en question parce que j'avais pas l'impression d'arriver vraiment à l'aimer, mais j'étais quand même attachée. J'ai donc décidé de mettre à terme à notre relation et suite à ça j'étais totalement perdue, à me demander si j'étais pas simplement lesbienne. Ma mère voyait bien qu'il y avait un truc qui clochait alors je lui ais expliqué que j'aimais les filles comme je devrais aimer les garçons. Et que... C'était bizarre avec les garçons, j'avais du mal. Au final ma mère et le reste de ma famille l'a plutôt bien pris même si c'était un peu inattendu. Et je suis bel et bien bisexuelle même si c'est pas très simple avec les hommes."

Témoignage de Baptiste (16 ans, asexuel):

"C'était un soir pendant le repas, mes parents m'ont demandé pourquoi je ne ramenais pas de copain ou copine à la maison, et je leur ai dit que j'étais asexuel. 
Ça s'est bien passé je trouve."

Témoignage de Babadook (20 ans, bisexuel):

"Ma mère était sur l'ordi en bas dans le bureau. Moi sur le mien dans ma chambre. J'ai ouvert une discussion sur Facebook et je lui ai dit tout dit. Elle a répondu "Ok mais j'men doutais déjà. Bon descend le dîner est prêt"

Drapeau gay

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